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Portrait d’une directrice de festival zéro déchet : repenser la fête pour demain

Par Maxime
5 minutes

Vers une révolution festive : le festival zéro déchet en action

Lorsque l’on pense festivals, les images de musique, de partage et de convivialité se mêlent souvent au souvenir moins reluisant de montagnes de verres jetés, de restes alimentaires et de déchets plastiques jonchant le sol après la fête. Pourtant, aux quatre coins de la France, des initiatives émergent pour transformer ce modèle. À la tête de l’une de ces révolutions silencieuses, on retrouve Julie Martin (nom fictif à adapter selon contexte), directrice passionnée d’un festival désormais bien connu pour son ambition : viser le zéro déchet sans sacrifier la magie ni l’accessibilité de l’événement.

Itinéraire d’une conviction : raisonner la fête

Julie, la quarantaine dynamique, a grandi entre concerts et balades dans la nature vosgienne. Après une décennie dans le secteur culturel, elle décide en 2017 de reprendre la direction d’un festival local avec une idée en tête : « Faire rimer engagement écologique et expérience collective positive. »

C’est au fil de rencontres avec des acteurs associatifs et des lectures sur la crise environnementale qu’elle forge ses convictions. Elle s’inspire de démarches pionnières observées à l’étranger, tout en misant sur une adaptation réaliste au tissu social et économique local.

Repenser chaque étape : de la conception à la vie du site

« Rien ne s’improvise : faire du zéro déchet, c’est revoir tout le parcours du public, du premier clic pour acheter un billet jusqu’au départ du site, » insiste Julie Martin. Elle expose la démarche par étapes :

  • Sélection de fournisseurs responsables : restauration engagée, boissons locales, vaisselle réutilisable (écocup, assiettes en inox), stands bannissant plastiques et gadgets jetables.
  • Signalétique et informations claires : éco-guides téléchargeables, affichages pédagogiques, points d’information animés par des bénévoles formés.
  • Gestion optimisée des flux : organisation des zones de tri, déploiement de composteurs, réduction de la taille des stands snacks pour limiter les surplus.
  • Billetterie et communication : pass dématérialisés, supports numériques, incitations envoyées aux festivaliers pour privilégier le covoiturage et les gourdes.

Selon Julie : « L’objectif est que chacun comprenne et adhère à cette vision, sans jamais se sentir contraint ou culpabilisé. »

Derrière la scène : accompagner bénévoles et partenaires

Un succès à l’échelle d’un festival repose sur une mobilisation collective. Julie mise beaucoup sur la formation :

  1. Sessions d’accueil pour tous les bénévoles, autour des bonnes pratiques, de la médiation bienveillante et de la gestion des imprévus.
  2. Chartes signées entre l’organisation et chaque prestataire pour garantir le respect des engagements (pas de flyers papier inutiles, produits issus de filières durables, gestion des invendus).
  3. Animations participatives pour impliquer festivaliers, artistes et partenaires : ateliers do it yourself (DIY), recyclage créatif, quiz zéro déchet, groupes de ramassage à la fermeture.

Cette orchestration n’est pas sans défis : « On avance chaque année, parfois au prix de compromis… L’important, c’est de documenter les échecs autant que les réussites, pour progresser collectivement. »

Chiffres, observations et bilan

Après trois éditions sous sa direction, Julie partage quelques points clés :

  • 80 % des déchets évités comparé à la dernière édition « classique ».
  • 20 composteurs mis en place avec une association locale, valorisant plus de 250 kg de biodéchets sur 3 jours.
  • 90 % de la vaisselle réellement réutilisée grâce à un dispositif de consigne et de contrôle en continu.
  • Retour positif de 92 % du public sur la démarche (enquête à la sortie), avec un effet boule de neige : plusieurs autres festivals voisins ont contacté Julie pour échanger pratiques et ressources.

Des ajustements permanents

Malgré ces bons résultats, Julie tient à relativiser : « Il reste un faible pourcentage de déchets, notamment à cause d’emballages de matériel technique, de certains produits impossibles à trier ou de comportements incivils. L’important, c’est l’amélioration continue et la transparence : chaque édition, nous communiquons un bilan détaillé. »

Du rêve à la réalité : récit d’une journée type

Au matin, Julie parcourt les allées du festival : vérification des points déchets, rencontre avec les équipes de nettoyage solidaire recrutées en collaboration avec une régie locale d’insertion, brief des bénévoles. Elle salue personnellement les artisans et commerçants qui jouent le jeu du zéro emballage (achats en vrac, contenants consignés).

Pendant la journée, elle anime parfois des discussions ouvertes : « Demain, un festival sans impact ? Vos idées comptent ! » Les festivaliers suggèrent, interagissent et pointent aussi les difficultés (où trouver de l'eau, que faire en cas d'oubli d'une gourde, par exemple). Julie note toutes les remarques dans un carnet, base de travail pour la prochaine édition.

Témoignages et regards croisés

« Avant, je ne faisais pas attention en festival. Ici, on se prend vite au jeu, tout est pensé pour que ce soit intuitif. J'ai même emmené la consigne chez moi ! »
— Mathilde, festivalière, 27 ans

« D'habitude, nous vendons beaucoup de gobelets jetables lors de nos événements. Avec le système de consigne, on a fait des économies et les clients jouent le jeu avec le sourire. »
— Nicolas, brasseur partenaire

« Nos enfants ont découvert le tri, le compost, les ateliers récup’… et ils nous réclament déjà de revenir l’an prochain. »
— Famille Bernard, visiteurs réguliers

Outils et ressources concrètes pour franchir le cap

  • Checklists prêtes à l’emploi pour l’organisation de manifestations zéro déchet, disponibles sur terraresponsable.com/checklists.
  • Fiches pratiques pour choisir ses fournisseurs, concevoir une signalétique éco-friendly, former ses équipes.
  • Boîte à idées pour communiquer positivement (badges, affiches, filtres réseaux sociaux « Festif & Écolo »).
  • Annuaire de prestataires zéro déchet consultable sur le site (restaurateurs, loueurs de vaisselle, éco-organisations).
  • Accès à la communauté « Festival Responsable » pour l’entraide, les échanges de bonnes pratiques et le retour d’expérience.

Points d’attention et bonnes pratiques

  • Ne pas viser la perfection immédiate : progresser étape par étape, capitaliser sur chaque retour terrain.
  • Impliquer tous les acteurs : du public aux partenaires techniques, en passant par les collectivités locales et bénévoles.
  • Souligner les réussites, sans occulter les défis (admission forfaitaire, gestion logistique, accessibilité pour tous).
  • Prévoir l’après-événement : suivi du tri, valorisation des déchets, dons aux associations, communication transparente.

Conclusion : une vision durable et inclusive du festival

Sous l’impulsion de Julie Martin, la transition écologique des festivals n’est plus une utopie. Elle s’appuie sur le pragmatisme, l’innovation collective et une envie forte de réinventer la fête. En faisant de chaque édition un laboratoire à ciel ouvert, Julie encourage aussi d’autres organisateurs à embarquer dans la dynamique, en s’inspirant de son parcours, de ses doutes et de son regard positif.

Pour aller plus loin, guides méthodologiques, checklists et retours d’expérience sont à retrouver sur terraresponsable.com. Ensemble, imaginons et créons les événements qui feront rimer plaisir et engagement pour les générations à venir.

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